ARTICLE DU JOURNAL LIBERATION
«Pou-bli-ci-dadi.»
Le cri d’Herbert est un sésame qu’il hurle dans les hygiaphones des halls d’immeubles pour pouvoir glisser ses prospectus de pub dans les boîtes aux lettres. Le truc est infaillible, la force de conviction d’Herbert et son enthousiasme lui ouvrent toutes les portes. «Moi ça ne me fait pas peur de marcher des heures sous le soleil. De toute façon, je n’ai pas le choix, je suis sans papiers , c’est le seul boulot que j’ai trouvé», raconte ce jeune Brésilien de 28 ans avant de disparaître dans un hall d’entrée, précédé de son retentissant cri de guerre.
Efficacité . Herbert, c’est l’archétype du Brésilien de Lisbonne, charmeur, beau parleur, enthousiaste, efficace, la samba chevillée au corps. Si différent des Portugais, prudents, mesurés dans leurs gestes et leurs attitudes. Le contraste est saisissant dans les restaurants, aux terrasses de cafés et les hôtels, où Traditionnellement, le service à la portugaise est une partie de ping-pong entre le client, quelque peu condescendant, et les serveurs qui déploient la plupart du temps beaucoup d’ingéniosité pour ne pas être aimable. Alors,le sourire et la faconde des jeunes Brésiliens font merveille. c’est un bonheur. Et un vrai succès de marketing.. « Je suis bien d’accord avec vous, c’est cher ici» confie Nelson, serveur dans un des bars branchés des docks à Lisbonne, avant de disparaître en laissant son client stupéfait de son audace. Nelson lui se marre, c’est son truc à lui la complicité avec les clients, à l’opposé des codes conventionnels en vigueur. La bière n’a souvent pas le même goût dans cette ambiance.C’est vrai , elle n’est pas donnée, mais qu’à cela ne tienne , suivra une caipirinha. Ah La caïpirinha brésilienne est ainsi devenue, en quelques années, la boisson branchée des bars de Lisbonne et de Porto.Le mélange de cachaça (alcool de canne à sucre), citron vert, sucre et glace pilée est proposé partout. Le cocktail est aussi éloigné de la tradition portugaise que possible. Mais là encore l’assimilation culturelle est totale, et les amateurs se refilent les bonnes adresses. Le bon dosage ça ne s’improvise pas.Autre merveille gastronomique, le rodizio. D’énormes brochettes de viande grillée qu’une armada de serveurs et serveuses apporte à table, sur un rythme endiablé de carnaval permanent. Aussi bruyant que lourd à digérer, mais le rodizio a gagné ses galons populaires. Bon, beau, beaucoup: une « fête brésilienne » préfabriquée, mais qui satisfait le goût des portugais pour les plats copieux. La gastronomie brésilienne, la vraie, aussi diversifiée que colorée et mal connue, on la trouve dans les restaurants. brésiliens. Une poignée il y a quelques années, ils pullulent désormais du nord au sud du pays. Et puis il y a la musique, omniprésente, de la célèbre MPB,*Chico Buarque, Caetano, Bethania, Jobim, Sangalo. sur toutes les radios, en fond sonore, un peu partout.
Le foot est aussi devenu brésilien avec Filipão, Luiz Felipe Scolari l’entraîneur qui a mené les Portugais en demi-finale de l’Euro 2004. Il a convaincu le pays de se parer de drapeaux aux couleurs verte et rouge, dans un élan formidable, et fort nationaliste, pour soutenir la «seleção». Ainsi aujourd’hui, environ 400 Brésiliens jouent au Portugal, toutes équipes ou niveaux confondus. Les difficultés et la violence présentes dans leur pays, la fascination pour l’eldorado européen, les incitent à rejoindre le Portugal, une puissance coloniale jusqu’en 1822. « Les 50 euros que j’arrive à envoyer, ici, c’est pas grand chose, là bas ça permet de tenir presque un mois», raconte Carla, sans-papiers.
Amalgame . Tout n’est pas rose pour autant. «Les femmes sont les premières victimes. Elles font l’objet d’amalgame avec celles qui sont tombées aux mains des réseaux de prostitution», explique-t-on à l’Acidi- Haut Commissariat aux minorités et au dialogue interculturel. «Nous sommes vues comme des voleuses de maris. Ou comme des filles faciles. On ne peut pas dire que ça favorise l’intégration», s’insurge Isabela qui travaille à la Casa do Brasil, une association d’aide aux immigrés.
«Les relations avec les Portugais ? De l’aigre doux !» s’exclame Edson Athayde, le publicitaire au parcours à la Seguela. «Les telenovelas qui passent en boucle sur les chaînes de télé ont façonné une certaine image des Brésiliens. La réalité est ailleurs», explique ce pionnier à la réussite exemplaire. Les deux sociétés ne se mélangent pas même si les mariages mixtes augmentent.
«Fumisterie». «L’histoire des pays frères, c’est une fumisterie. Les Portugais ne nous détestent peut-être pas. Mais ils nous jalousent. Sans doute parce que nous sommes l’envers coloré d’un pays gris», raconte, attristé, Ricardo, un jeune et talentueux photographe vivant à Lisbonne. Les Portugais sont persuadés que les Brésiliens possèdent le don inné de la restauration. Peu savent que les besoins en main-d’œuvre peu qualifiée dans le tourisme, les services, l’agriculture et l’hygiène sont fixés par des quotas. Et les pompes funèbres. Après tout, les cercueils ont la même taille des deux côtés de l’Atlantique.
Marie-Line Darcy
Benoit 1er
Chère Marie-Line, Pour vous avoir écoutée sur Radio Paris Lisboa il y a quelques années, j'aurais pu penser que vous étiez un peu mieux informée sur les résultats footballistiques de l'équipe du
Portugal. Mais je me suis planté autant que vous. Le Portugal a perdu la finale de l'Euro 2004 contre la Grèce et a fini 4ème de la dernière Coupe du Monde. José Luis: effectivement le Portugal
est un pays pauvre (tout au moins en dehors de Lisbonne / Porto / Coimbra / Algarve), la preuve en est le salaire brut minimum (assez peu utilisé il est vrai) qui est de 403,00 Euros et non pas
520,00 (voir DL 2/2007 de 03 de Janeiro). Pour ce qui est du reste de l'article, je suis assez d'accord avec vous même si je trouve les portugais bien plus racistes que la journaliste le laisse
entendre, et ce, aussi bien envers les brésiliens qu'envers le reste des anciennes colonies (Mozambique et Angola). Les portugais bien sûr s’en défendent mais la couverture des élections
présidentielles françaises était à ce titre des plus intéressantes: même si elle a été de qualité, l'attention n'a jamais été aussi intense que lorsque le sujet porte sur Le Pen. Est-ce parce que
l'extrême droite locale est quasi-inexistante ou est-ce par préoccupation pour ceux qui ont émigré vers la France, je ne l'ai pas encore compris. Dimanche 08 Juillet 2007 - 00:57
jose luis clichhé a gogo
decidement le journalisme d´aujord'huit c'est un recoupement de clichées populaires, sans reel travail d'enquete pour etailler les faits!. primo le selectioneur de foot national luis filipe
scolari n'est pas a l'origine des drapeaux portugais aux fenetres, ça c'est marcelo rebelo de sousa qui nous y as tous incités. les lusitains ne sont pas des gens aigris, bien au contraires, leur
saudades est une forme de joie contenue qui j'en suis sur toucheras certainement le turiste qui visitera le portugal. ce qu'on oublie de dire c'est que les bresiliens sont peu etres des gens
alegres, mais question responsabilitées professionelles c'est pas vraiment ça: du jour au lendemain ils quitent leur emploi et vous ne les revoyer plus. pour en finir le probleme profond avec
l'emigration bresiliene , c'est qu'ils sont pret a accepter des salaires vraiment tres bas pour travailler, et de ce fait ils tires vers le bas l'economie d'un petit pays qui connais deja pas mal
de difficultés economiques. le smic au portugal est de +-520 euros brut!. bref avant décrire et de sous entendre que les bresiliens sont le rire et les portugais les larmes, regardez y de plus
pres. Samedi 07 Juillet 2007 - 14:07
Tom Bishop Liens transatlantiques !
De la meme maniere que les USA avec les pays européens, principalement le Royaume-Uni et l'Irlande ( mon pays ) ou l'Allemagne ou encore l'Argentine avec l'Espagne et l'Italie, le Bresil ne peut
qu'avoir les meilleurs rapports privilegies avec le Portugal et reciproquement. J'appele cela les liens transatlantiques entre les pays d'Europe et les pays du "Nouveau monde". Par extension et
de la meme maniere, il est legitime que les descendants d'esclaves du Bresil mais aussi dans les pays des Caraibes ( comprenant egalement la Martinique et de la Guadeloupe )aient la meme demarche
vis à vis de l'Afrique. Samedi 07 Juillet 2007 - 12:50
Jean-Pierre Bcp de clichés !
Les Portugais des gens aigris ?? Je n'ai jamais autant rigolé que lors de mes voyages en Lusitanie. Les Portugais au même titre que les Espagnols ou les Italiens sont des gens charmants,
accueillants et sachant faire la fête. L'EURO 2004 a été le symbole de cet accueil. De nombreux amis français comme moi ont été "bleuffé" et surpris par ce pays si petit mais au combien
chaleureux ! Au vin généreux ! à la gastronomie florissante ! aux fêtes "authentiques" et non industrielles comme les espagnoles qui ont perdus de leur authenticité. Quant aux immigrés
brésiliens, cet article cache derrière ce publicitaire bcp de misère, bcp d'exploitation de main d'oeuvre, et plus grave les réseaux de prostitution qui se développent telle l'hydre des marées.
Samedi 07 Juillet 2007 - 11:14
earth
Beaucoup de contre-veritée.
1Les portuguais ne son pas riche grace a leur colonies,ils ont gaspiller l'argent et ils sont devenus un des pays les plus pauvres de l europe.Le portugal est devenu "riche" grace a ses habitants
et à l union européenne. 2Beaucoups de brezilien ont du sang portuguais(et d autres pays européen) ce n est pas comme avec la France ou les immigrés n ont pas de sang Français.Ils donc sont plus
facile a intégrer. Samedi 07 Juillet 2007 - 10:16
10:07Prince Chacun son
tour
Quand les richesses se trouvaient au Brésil, les Portugais n'ont pas hésité, non pas à y émigrer, mais à l'envahir, exterminer sa population et y ramener des millions d'esclaves Africains pour
faire tourner leur économie. Aujourd'hui que les richesses se trouvent au Portugal (richesses dues au pillages et aux exploitations du passé), les Brésiliens n'auraient pas le droit d'en profiter
? Après tout, elles sont un peu à eux ! PS: tout ce que je viens de dire s'applique aussi pour la France et tous les pays occidentaux. Samedi 07 Juillet 2007 - 07:16
''As Armas e o Povo'', é um documentário de realização coletiva produzido pelo Sindicato de Trabalhadores da Produção do Cinema e Televisão durante as manifestações da “Revolução dos Cravos” em abril de 1974, que derrubou o regime fascista implantando em Portugal desde 1920 por Antonio Salazar.
Trata-se de um filme-intervenção, onde Glauber Rocha assume um papel de destaque como entrevistador nas ruas de Lisboa, durante a celebração do 1 de Maio, quando o povo sai às ruas de braços dados com os militares revoltosos para consagrar a Revolução de “25 de Abril”, que marcou a queda da ditadura salazarista.A participação ativa de Glauber em “As Armas e o Povo”, antecipa a sua performance como “ator-autor” em “Claro” realizado por ele em Roma um ano depois.
"Para viajar basta existir".
Fernando Pessoa